Après une intervention coronarienne, ressentir un souffle court peut surprendre. L’essoufflement après pose de stent est fréquent et généralement transitoire, mais il ne doit pas être ignoré. Comprendre d’où il vient aide à agir au bon moment et à récupérer plus vite. Voici des repères clairs, des conseils concrets et des témoignages pour mieux respirer au quotidien.
💡 À retenir
- Environ 20% des patients ressentent un essoufflement après la pose de stents.
- Des études montrent que l’exercice léger peut réduire les symptômes d’essoufflement.
- suivre les recommandations médicales post-opératoires.
Qu’est-ce qu’un stent ?
Un stent est un petit ressort métallique posé à l’intérieur d’une artère pour la maintenir ouverte. Il intervient le plus souvent lors d’une angioplastie coronaire, quand une artère du cœur est rétrécie par des dépôts de cholestérol. Le stent agit comme un étai qui empêche le vaisseau de se refermer et rétablit un flux sanguin correct vers le muscle cardiaque.
Il existe plusieurs familles de stents, notamment les stents nus et les stents actifs. Ces derniers libèrent lentement un médicament qui limite la repousse de tissu à l’intérieur du ressort. Le choix du dispositif dépend de votre profil, de la localisation de la lésion et des recommandations de l’équipe interventionnelle.
Définition et rôle du stent
Concrètement, le stent est délivré plié sur un ballon. Une fois gonflé, il s’ouvre et se colle à la paroi de l’artère. Les jours suivants, l’artere cicatrise et “colonise” la maille du stent, un phénomène normal nommé endothélialisation. Avec un stent actif, ce processus est contrôlé pour éviter une repousse excessive. Cette phase de guérison peut parfois s’accompagner d’une sensation de souffle court, sans que cela ne traduise forcément un problème grave.
Essoufflement après la pose de stent : causes
Ressentir un essoufflement après pose de stent n’est pas rare. En pratique, environ 20% des patients décrivent une dyspnée transitoire dans les semaines qui suivent. Plusieurs mécanismes peuvent l’expliquer. D’abord, le cœur se remet d’un événement aigu et du geste interventionnel. La fatigue, le stress, le repos prolongé à l’hôpital et la reprise progressive de l’activité suffisent parfois à faire naître cette sensation.
Les médicaments introduits après l’angioplastie peuvent aussi jouer un rôle. L’antiagrégant plaquettaire ticagrélor est connu pour provoquer des épisodes de dyspnée chez une partie des patients, souvent bénins et fluctuants. Les bêtabloquants peuvent majorer la fatigue, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion entraîner une toux sèche chez certains. Une anémie due à un petit saignement post-opératoire ou à une ponction peut accentuer l’essoufflement.
Moins souvent, l’essoufflement après pose de stent révèle un souci cardiaque à traiter. Une insuffisance cardiaque, un œdème pulmonaire ou une péricardite post-infarctus peuvent se manifester par une respiration courte, surtout à l’effort ou la nuit. Une thrombose de stent ou une resténose intrastent sont plus rares, mais doivent être écartées si la dyspnée s’accompagne d’une douleur thoracique ou d’une chute brutale de la tolérance à l’effort.
Enfin, il ne faut pas oublier les causes non cardiaques. Une infection respiratoire, une crise d’asthme, une bronchopneumopathie chronique obstructive, une embolie pulmonaire ou simplement le déconditionnement physique peuvent expliquer la gêne. Le contexte compte beaucoup. Claire, 58 ans, raconte avoir eu trois semaines de souffle court après sa sortie d’hôpital. Son médecin a ajusté ses doses, vérifié son hémoglobine et prescrit une rééducation. La gêne a disparu progressivement.
Facteurs de risque
Certains profils sont plus exposés à un essoufflement après pose de stent. Les éléments suivants augmentent la probabilité de dyspnée dans les suites immédiates.
- Antécédents d’insuffisance cardiaque ou fraction d’éjection basse
- Maladie respiratoire chronique, tabagisme actif, surpoids
- Anémie, insuffisance rénale, âge avancé
- Posologie élevée de bêtabloquants ou introduction récente d’antiagrégants spécifiques
- Stress, anxiété, déconditionnement après hospitalisation
Solutions et traitements pour l’essoufflement

La première étape consiste à en parler à votre cardiologue ou votre médecin traitant. Ne modifiez jamais vos médicaments par vous-même. Une évaluation simple permet souvent d’identifier la cause. Selon le cas, un ajustement des doses, un changement d’antiagrégant quand la dyspnée est gênante sous ticagrélor, ou un traitement de l’anémie peuvent suffire. Si une rétention d’eau est en cause, un diurétique peut être proposé.
La reprise d’activité progressive est au cœur de la récupération. Les programmes de réadaptation cardiaque encadrés améliorent l’endurance, apaisent l’anxiété et diminuent la perception de la dyspnée. Plusieurs études ont montré qu’un exercice léger, régulier et bien dosé, réduit les symptômes d’essoufflement en quelques semaines. L’objectif n’est pas la performance, mais la constance.
Marc, 62 ans, a débuté par des marches de 10 minutes, deux fois par jour, puis 15 à 20 minutes, trois fois par jour, en surveillant son souffle. Son équipe lui a appris à utiliser l’échelle de gêne respiratoire et à s’arrêter avant l’inconfort. En un mois, il a retrouvé une respiration plus fluide et une meilleure confiance.
Conseils pratiques pour gérer l’essoufflement
Voici des gestes simples pour mieux vivre un essoufflement après pose de stent, à adapter avec votre soignant.
- Fractionnez l’effort. Préférez 3 à 5 petites séquences actives par jour à une longue séance.
- Pratiquez la respiration labiale et le souffle contrôlé assis, dos soutenu, épaules relâchées.
- Augmentez de 10% par semaine la durée de marche si la gêne reste légère et stable.
- Surveillez le poids et les chevilles chaque matin. Signalez une prise rapide de plus de 2 kg.
- Gardez vos prises de médicaments régulières et discutez de toute gêne avec l’équipe de soins.
D’autres leviers aident beaucoup. Hydratez-vous correctement, limitez le sel si un œdème est présent, arrangez votre environnement pour éviter les escaliers au début. Un dépistage de l’apnée du sommeil peut être utile chez les ronfleurs, car l’hypoxie nocturne entretient la dyspnée diurne. Si vous en disposez, un oxymètre de pouls peut guider la reprise, toujours avec l’avis d’un professionnel. Le sevrage tabagique, l’équilibre du diabète et la gestion du stress complètent le plan. L’essoufflement après pose de stent s’atténue alors généralement de semaine en semaine.
Quand consulter un médecin ?
Une gêne respiratoire légère, fluctuante, qui s’améliore au repos et régresse en quelques jours s’observe souvent après une angioplastie. En revanche, certains signes imposent un avis médical rapide. Fiez-vous à votre ressenti et au contexte. Un essoufflement après pose de stent qui survient brutalement, s’associe à des douleurs thoraciques ou à des palpitations inhabituelles mérite un contact sans attendre.
Signes d’alerte à ne pas ignorer
Si l’un des symptômes suivants apparaît, contactez votre médecin sans délai. En cas de doute majeur, appelez le 15 ou le 112.
- Douleur thoracique oppressante, irradiant au bras, au dos ou à la mâchoire
- Gêne respiratoire au repos, aggravée en position allongée, lèvres bleutées
- Palpitations rapides ou irrégulières, malaise, syncope
- Fièvre élevée et persistante, frissons, toux grasse ou sanglante
- Chute d’effort toléré ou saturation < 92 % si vous pouvez la mesurer
Décrivez quand l’essoufflement a commencé, ce qui l’aggrave, les médicaments pris et toute prise de poids rapide. Ces informations aident le médecin à décider des examens utiles et à adapter le traitement. Mieux vous communiquez, plus le plan d’action sera précis et efficace.